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Miss Livia par Madfred

Miss Livia

1-Livi, peux tu te présenter un peu plus complètement aux pêcheurs français ? (Nom, prénom, age, ville d’origine en Hongrie, depuis combien de temps pêches-tu……).

Je m’appelle Livia Hajdù, je suis née à Budapest et je viens d’avoir 30 ans. J’ai commencé la pêche avec mon père, qui était garde-pêche à l’époque, à l’âge de 6 ans. J’ai participé à mes premiers concours vers 11/12 ans. A l’époque, je pêchais surtout l’ablette à la canne télescopique. Il était alors très rare de voir des pêcheurs utiliser des grandes cannes à emboîtements.

2- Comment une jeune fille peut arriver à la pêche en compétition en Hongrie. Quel a été ton parcours de ce côté. Certaines filles préfèrent des loisirs plus féminins, pourquoi la pêche ?
(Attention, je n’ai jamais dit que la pêche était juste un milieu d’hommes, ta présence nous ravit tous !!

Que ce soit en Hongrie ou en France, il y a effectivement peu de femmes qui se mettent sérieusement à la pêche. Celles qui la pratiquent ont souvent été initiées par leur père, leur petit ami ou leur mari. Pour ma part, dans mon enfance j’ai habité une petite maison au bord d’un bras du Danube. Nous avions de nombreux animaux domestiques et j’ai toujours été attirée par la nature. Toute petite, je passais des heures à patauger au bord de l’eau pour ramasser toutes sortes de bestioles. Je me souviens très bien de la tête de mon frère quand je lui ai apporté comme cadeau une poignée de grosses sangsues ! Mon père étant lui-même pêcheur et président d’un club de compétition important à Budapest, c’est tout naturellement que j’ai eu envie d’attraper des poissons. Comme j’ai aussi un tempérament très sportif (j’ai fait beaucoup de kayak et de hand-ball), il était presque évident et naturel que je pratique la pêche de compétition.

3- Peux tu nous présenter rapidement ton palmarès national en Hongrie, ainsi que ta carrière internationale avec l’équipe nationale ?

J’ai gagné le titre individuel national en 2004. C’était une véritable libération, car auparavant j’ai terminée de nombreuses fois 2e, 3e ou 4e ! Je finissais par croire que j’étais maudite, car lorsque j’étais quasiment sûre de gagner, il y avait toujours un événement imprévu (et il y en a beaucoup à la pêche !) qui m’empêchait de l’emporter ! J’ai participé à 8 des 11 championnats du monde féminin, ce dont je suis déjà très fière, car en Hongrie il faut passer chaque année par des manches de sélection pour gagner sa place de titulaire. Outre ma victoire en individuelle l’an dernier, j’ai remporté deux médailles de bronze par équipe. J’ai obtenu également trois places dans les 10 premières en individuel. Ce sont des résultats que je trouve satisfaisants, car l’équipe de Hongrie féminine ne bénéficie malheureusement pas des aides dont disposent les autres équipes nationales, non seulement au niveau financier, mais aussi et surtout en matière de coaching et d’encadrement. Heureusement, je bénéficie personnellement d’un important réseau de connaissances et de l’aide de nombreux champions étrangers, sans lesquels il me serait vraiment difficile d’obtenir régulièrement de bons résultats.

4- Tu as la réputation d’être plutôt une pêcheuse de gros poissons.
Est-ce que le fait d’être ainsi « cataloguée » te convient ?

Ne penses tu pas que la spécialisation sur les gros poissons peut te faire perdre certains précieux points sur les championnats de tous types ou alors, arrives tu à bien pêcher les petits poissons ? Ca ne me dérange pas du tout, car c’est vrai que j’adore les sensations qu’on éprouve à lutter avec des gros poissons. En outre, de plus en plus, ce sont eux qui permettent de l’emporter dans les compétitions majeures. Il est donc indispensable de savoir comment les faire mordre et les maîtriser. Toutefois, en Hongrie la carpe n’est pas le poisson le plus recherché en compétition. Dans la plupart des cas, on prend plutôt des brèmes ou des ablettes, voire des carassins ou des poissons-chats. Les scores sont souvent élevés et le plus délicat est de savoir quel poisson rechercher en priorité. Sur de nombreux parcours, il est possible de gagner avec 8 ou 10 kg de plaquettes, mais il est aussi possible de réaliser de tels scores en pêchant uniquement l’ablette (en Hongrie, le record en concours est de plus de 13 kg d’ablettes en 3 h !). La moindre erreur de tactique se paye donc cash ! Lorsque j’ai gagné mon titre de championne individuelle de Hongrie, il s’agissait d’une pêche de plaquettes en rivière. J’avoue que c’est une pêche que j’affectionne, d’autant que les scores moyens étaient d’une dizaine de kilo par manche ! J’aime aussi beaucoup les pêches au moulinet, que ce soit à la bolognaise ou l’anglaise avec un waggler fixe ou un coulissant. En fait, je crois bien que j’aime n’importe quelle technique du moment qu’elle me permet de prendre du poisson !

5- Quelle est ta technique de pêche préférée ? Peux tu nous la détailler un peu avec le matériel employé et les esches et mode d’amorçage que tu préfères pour pêcher ainsi ?

Je dirais donc la carpe en plan d’eau et la brème (ou la plaquette) en rivière. Je suis fidèle au matériel Milo depuis que je suis petite, et je tire une très grande fierté d’être aujourd’hui sponsorisée par ce champion exceptionnel, qui est aussi un homme d’une très grande gentillesse. Pour la carpe j’emploie des cannes Gerardix ou Toledo 5001. Pour les pêches de poisson blanc une Spider Pole 6092, très fine et légère. En matière d’amorce j’emploie des mélanges Rameau. J’y ajoute également de l’amorce Milo lorsque la densité de poissons est importante ou s’il y a beaucoup d’ablettes (les amorces italiennes étant très riches et collantes, elles permettent de mieux sélectionner la taille des prises). Pour la carpe j’amorce désormais exclusivement à la coupelle, avec des pellets de la marque anglaise Dynamite Baits, du maïs doux (même en hiver) et des asticots, des casters ou des vers coupés. En France, j’utilise beaucoup le pain à l’hameçon, car c’est une excellente esche pour les grosses carpes. Pour les poissons de plus petite taille, je préfère le bouquet d’asticots, les panachés maïs/asticots ou le pellet mou. Pour la brème en rivière, je pense que le mode d’amorçage « à la belge » avec un mélange d’amorce surmouillée et d’une grande quantité de terre de Somme reste le plus efficace. Comme esches, j’emploie alors plutôt de petits vers de vase, des casters ou des vers coupés, plutôt que du fouillis. En matière de flotteurs classiques, j’emploie des Perfect et des Cralusso pour les plats. Tous sont fabriqués en Hongrie. Mes hameçons sont des Drennan ou des Kamasan (les Kamasan « Animal » sont vraiment indestructibles pour la carpe !).

6- L’équipe nationale de Hongrie a énormément progressé ces dernières années, notamment l’équipe masculine. Comment penses tu que vos pêcheurs aient réussi à atteindre un tel niveau, et surtout, que penses tu qu’il leur manque pour être tout le temps au plus haut ?

L’équipe masculine, mais aussi les jeunes hongrois et les juniors ont d’excellents résultats. Contrairement à notre équipe féminine, ils bénéficient d’un encadrement technique de qualité. Il y a actuellement une vingtaine de pêcheurs de très haut niveau en Hongrie, ce qui maintient une forte concurrence et c’est pourquoi le niveau ne cesse de progresser. D’un autre côté, le mode de sélection par épreuves qualificatives fait que les pêcheurs changent très souvent, ce qui rend plus difficile la création d’un véritable esprit d’équipe. Aujourd’hui, l’équipe de Hongrie est plutôt constituée de fortes individualités que d’un véritable groupe homogène. C’est incontestablement un handicap, car une semaine d’entraînement passe très vite et il est important que chacun partage ses connaissances et ses expériences.

7- question perso : Tout le monde se pose la question depuis toujours, mais personne n’ose le demander : comment as-tu rencontré Nicolas ?

J’ai rencontré Nicolas lors du 2e championnat du monde féminin qui avait lieu en France à Availles-Limouzine. Il a passé toute la seconde manche derrière moi et il est venu me féliciter à la fin de l’épreuve. Je ne parlais pas encore français, mais le président de notre fédération nous a servi d’interprète. Lors du banquet de clôture, Nicolas m’a promis de venir me voir en Hongrie. Je ne le croyais qu’à moitié, mais j’ai eu le plaisir de le voir débarquer à Budapest dès le mois suivant !

8- Quel est à ton avis l’avenir réel de la pêche en compétition internationale, et penses tu que certains règlements devraient changer quelque peu, afin de prendre plus de poissons, ce qui me semble être l’essence et les bases mêmes de la pêche ?

Au niveau international, je trouve les règlements assez justes. Les quantités d’amorce et d’esches en particulier sont raisonnables. Si je devais faire quelques critiques, c’est plutôt en ce qui concerne la distance entre les pêcheurs parfois trop faible, surtout lorsqu’il y a des gros poissons à prendre. Le choix des parcours n’est également parfois pas très judicieux. Il arrive que les berges soient tellement découpées qu’on assiste à deux compétitions très différentes dans un seul et même secteur. Ce fut le cas il y a trois ans en Angleterre où certaines pêcheuses bénéficiaient d’une pointe leur offrant une avancée de plus de 20 m par rapport aux autres concurrentes ! Au Portugal, lors de la seconde manche, je suis également tombée à une place où il y avait moins de 70 cm de fond, alors que sur les autres places elle était de 3 à 4 m ! Dans ces conditions, il est difficile de rester motivée, car on sait d’avance qu’on n’a aucune chance de bien se classer.


Merci Livi pour ta gentillesse et ta disponibilité, nous te souhaitons tous plein de bonnes choses pour 2006, des tas de poissons et des titres pourquoi pas. J'espère que l'on se recroisera vite, histoire que j'aprenne des tas de choses sur les "big fish", et pas en coup de vent comme à Corbeil où j'ai pris une jolie valise!!!!!

Amicalement MAD


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